Commune de Biesheim

MUSEE GALLO-ROMAIN

LE SITE GALLO-ROMAIN

Historique des recherches

Mentionné dès le XVIIIème siècle, le site gallo-romain de Biesheim a fait l'objet de recherches ponctuelles depuis 1960, sous l'impulsion de M. Jehi et de Ch. Bonnet d'abord, puis avec la création d'une association d'archéologie présidée par P. Carl et par P. Biellrnann. Le Service régional de l'Archéologie d'Alsace effectua des fouilles plus étendues, conduites par E. Kern, entre 1976 et 1982.

Nature et durée de l'occupation

L'occupation du secteur est attestée dès la fin du Ier siècle avant J-C. Elle est alors étroitement liée à la présence d'une importante voie militaire longeant la rive gauche du Rhin, entre Augst près de Bâle et Strasbourg. Rapidement, la fonction militaire première se double de fonctions économiques, commerciales et artisanales (atelier, traces de quais). L'agglomération se structure autour de voies orthogonales : les bâtiments s'alignent le long du cardo (axe sud nord sans doute constitué par la route militaire elle-même) et du decumanus (axe est-ouest). L'habitat évolue progressivement : aux maisons sur poteaux en bois de tradition gauloise succèdent des bâtiments sur fondations en moellons de basalte ou de gravier, souvent dotés de caves. Avec les progrès de l'urbanisation apparaissent trottoirs et portiques alors qu'à l'arrière des constructions s'étendent de vastes parties non bâties (vergers, potagers).

Si l'occupation du IIIème siècle est peu attestée, celle du IVème siècle est mieux appréhendée : la présence d'un grand camp légionnaire prouve l'intérêt stratégique du site, à une époque où la pression des tribus germaniques s'accroît aux frontières de l'empire.

Ampleur et intérêt de l'agglomération

L'agglomération de Biesheim doit son importance à sa situation géographie privilégiée, à un point de passage obligé du Rhin. Par leur extension et leur importance, les vestiges, qui s'étendent sur une centaine d'hectares au nord du ban communal, prouvent qu'il s'agit t d'un des sites majeurs du fossé rhénan. L'extension considérable de ce site remet en question la localisation de l'antique Argentovaria, placée jusqu'à présent à Horbourg. Conjuguée à une ré interprétation des cartes anciennes (table de Peutinger), cette extension permet aujourd'hui de proposer Biesheim comme candidat potentiel à cette appellation.

LA FONCTION MILITAIRE au Ier siècle ap. J.-C.

Cette fonction, primordiale à Biesheim, est attestée avant tout par les très nombreuses tuiles portant les estampilles des différences légions qui ont séjourné sur le site. Ces marques, précisant le nom de la légion, permettent de dater les nombreuses interventions militaires qui se sont déroulées ici.

Pour le Ier s. ap. J.-C., les tuiles les plus nombreuses appartiennent à la XXIe Rapax et à la XIe Claudia Pia Fidelis, légions cantonnées à Windisch, l'ancienne Vindonissa, en suisse du nord-ouest. Quelques rares fragments de tuiles de la IVème Macédonienne et de la XIVème Gemina prouvent la présence épisodique de détachements venus ponctuellement de Mayence

Les tuiles les plus nombreuses appartiennent à la VIIIème Augusta, légion régionale installée à Strasbourg du 1er au IVème siècle ap. J.-C.

 UN OBJET EXCEPTIONNEL

Une intaille en agate rouge constitue la pièce maîtresse des collections. Datée du IIème siècle ap. J.-C., elle s'affirme comme une pièce exceptionnelle à la fois par ses dimensions peu fréquentes et par la très grande qualité de sa gravure.

L'intaille représente l'empereur Commode (fin du IIème siècle ap. J.-C.), monté sur un cheval cabré. A ses pieds se trouve une femme agenouillée en position de suppliante, dont la coiffure suggère une origine proche-orientale. Il s'agit vraisemblablement de la représentation figurée d'une province vaincue, implorant la clémence de l'empereur.

L'intaille est montée sur une plaque en épaisse tôle d'or décorée de cabochons de pâte de verre de couleur verte. Stylistique Ment, cette plaque est nettement plus tardive :

elle doit dater du IVème ou du Vème siècle ap. J.-C.

 

 

 

Emplacement du site

Vitrine du musée

Après une petite promenade

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