Les 17 communes du Sivom n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la forme de la nouvelle communauté de communes. Huit villages optent pour la transformation de l'actuel Sivom, huit pour l'élargissement de la Communauté de communes du Soultzbach, Burnhaupt-le-Bas restant neutre...
MILLE NEUF CENT QUATRE VINGT DIX NEUF ne sera pas l'année de la transformation du Sivom de la Doller en communauté de communes. Invités à se prononcer avant le 31 décembre, les 17 conseils municipaux n'ont pas réussi à choisir entre les deux solutions proposées. Guewenheim, Sentheim, Lauw, Masevaux, Sickert, Kirchberg, Wegscheid et Oberbruck ont choisi la création d'une nouvelle communauté à partir du Sivom existant, tandis que Burnhaupt-le-Haut, Niederbruck, Dolleren, Rimbach, Sewen, Soppe-le-Haut, Soppe-le-Bas et Mortzwiller ont préféré l'élargissement de la communauté de communes du vallon du Soultzbach. De son côté, Burnhaupt-le-Bas ne se contente d'aucune des deux propositions.
L'INTERCOMMUNALITÉ EN PANNE
Engagé en décembre 1997, le dossier de l'intercommunalité dans la vallée de la Doller a connu de nombreux rebondissements. Après le refus du vallon du Soultzbach d'adhérer à une nouvelle structure (lire notre édition du 25 octobre), une solution de dernière minute a été proposée aux représentants des communes concernées. Cette fois ci, il n'était plus question de créer une nouvelle entité, mais d'ouvrir la communauté de communes du Soultzbach aux communes du Sivom de la Doller (lire notre édition du 4 décembre). L'enjeu était essentiellement financier puisque cette gymnastique administrative permettrait à la structure intercommunale de prétendre à une dotation globale de fonctionnement (DGF) de près de 2 millions de francs contre 600 000 F avec l'ancienne formule. Mais avec huit communes pour la première solution, huit pour la seconde et une au centre, l'intercommunalité dans la vallée de la Doller semble être tombée dans une impasse.
ATTENDRE LES ÉLECTIONS
« Je déplore cette situation mais je ne suis pas le maire de tous les maires des communes du Sivom » déclare Roger Gaugler, le président du Sivom. « J'ai le devoir d'essayer de rassembler mais chaque commune est libre ». Selon lui, le travail accompli depuis plus d'un an aura quand même servi à quelque chose. « Nous sommes déjà d'accord sur la territorialité, la représentativité et les compétences mais nous n'avons simplement pas trouvé d'accord de dernière minute». Alors qu'il n'avait donné aucune consigne de vote aux communes en décembre, le président du Sivom semble se prononcer aujourd'hui en faveur de la transformation du Sivom. « L'élargissement de la communauté du vallon du Soultzbach n'est pas une démarche cohérente sur le plan de l'aménagement du territoire et elle repose sur une astuce». Selon Roger Gaugler, l'intercommunalité ne sera pas à l'ordre du jour avant le printemps. « Nous sommes trop occupés à définir les orientations budgétaires pour l'année à venir». Un avis que ne partage pas le conseiller général Jean-Luc Reitzer qui pense : « il est impossible d'engager un débat sur des orientations budgétaires dans la situation actuelle». Jean-Luc Reitzer n'est pas surpris par le résultat du vote des différents conseils municipaux. « Aucune ligne directrice n'a été définie en décembre et les communes ont simplement délibéré selon l'avis des maires ». Jean-Luc Reitzer souhaite maintenant une clarification rapide de la situation. « J'aimerais que toutes les communes se réunissent et expliquent leur position. Il est urgent que tous les problèmes éclatent au grand jour, notamment les enjeux de pouvoir et les querelles de personnes ». Comme Roger Gaugler, Jean-Luc Reitzer ne conteste pas l'acquis. « Nous sommes tous d'accord sur l'objectif, seule la méthode n'est pas encore la même ». Comme il l'a toujours fait, le conseiller général continue à défendre la solution de l'élargissement de la communauté de communes du vallon du Soultzbach. « Non seulement elle nous permet de rester à 17 mais elle est aussi beaucoup plus intéressante financièrement ». Le conseiller général espère que la structure intercommunale pourra voir le jour au 1er janvier 2000. « Sinon il faudra attendre les prochaines élections municipales ».
Au premier plan, Masevaux. Au fond, Niederbruck, Sickert et la haute vallée de la Doller. Une frontière invisible sépare les 17 villages en deux groupes de huit, Burnhaupt-le-Bas ayant refusé de choisir l'une ou l'autre solution.
Xavier SERRE