L'AVENIR EST DANS LE PAYS
Le préfet honoraire Bernard Leurquin, ancien sous-préfet de Thann, s'est montré convaincant, jeudi 25/03/99 au Relais culturel, où il a plaidé la cause du Pays des vallées de la Thur et de la Doller.
UNE petite centaine de personnes seulement (sur plus de 600 invités) a répondu à l'appel du comité de pilotage, pour la réunion d'information sur le projet de Pays qui doit englober la Communauté de communes de Cernay et environs, le District de la vallée de Saint-Amarin, le Sivom de la Doller et la Communauté de communes du pays de Thann.
BERNARD LEURQUIN, MONSIEUR PAYS
Il s'agissait d'expliquer aux auditeurs, essentiellement des maires, adjoints et conseillers municipaux, conseillers généraux et régionaux, quels étaient les enjeux de cette nouvelle entité, qui ne sera pas une nouvelle structure administrative, mais bien une nouvelle entité, un bassin de vie orienté vers un projet global. Pour cela, le comité de pilotage, présidé par Jean-Pierre Baeumler, député et maire de Thann, avait invité le préfet honoraire Bernard Leurquin, un ancien sous-préfet de Thann, à présent retraité, mais délégué général de l'Association pour la fondation des Pays, qui avait été chargé de mission à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale. En spécialiste « ès Pays », Bernard Leurquin a su se monter persuasif, notamment en privilégiant le discours humanitaire, plutôt qu'administratif. Il était entouré du sous-préfet de Thann Jean-Yves Le Merrer, des quatre présidents « intercommunaux », Pierre Egler, Roger Gaugler, Alain Blosenhauer et Jean-Pierre Baeumler, et de Jean-Jacques Colomer, du cabinet IAD (Initiatives, aménagement et développement).
CRÉER UNE ADÉQUATION
Pour mieux expliciter les enjeux d'un tel projet, dans ce qu'il peut apporter de mieux vivre à la population, il est parti d'une constatation flagrante : « Les structures actuelles ne coïncident pas à notre manière de vivre ; les Français ont besoin d'un territoire adapté à leurs nouveau mode de vie. Tout est regroupé en ville, les gens y travaillent, y étudient, mais ils vivent de plus en plus en dehors des villes, dont les centres se vident. D'où la nécessité de mettre en place une organisation harmonieuse entre les centre urbains et le monde rural. Cette organisation du territoire est la base même de la notion de Pays.» « La solidarité entre la ville et la campagne est une nécessité vitale » poursuit Bernard Leurquin dans son exposé, qu'il étaie volontiers avec les exemples de Pays déjà constitués en France - il y en a 42 - comme celui de Loudun, qui a donné naissance au Futuroscope. Un Pays n'est pas un échelon de plus dans l'administration locale. Au contraire, c'est la convergence d'un projet commun, dans un espace bien précis, qui regroupe les intérêts généraux. C'est une mobilisation de moyens et de compétences au service d'une stratégie à long terme de développement économique et d'aménagement de l'espace. Il a le gros avantage aussi d'être le seul à pouvoir bénéficier de la manne du prochain contrat de plan État-Région.
MOBILISATION GÉNÉRALE
À partir d'un diagnostic, d'une analyse et de la stratégie qui en découle, des projets communs doivent voir le jour pour ensuite être mis en place de manière harmonieuse par les structures intercommunales existantes, à travers une charte. Le Pays doit fédérer aussi bien les institutions (dont les élus), que les acteurs socio-professionnels et le monde associatif. Il se veut interactif, dans la mesure où seuls, les élus ne sont rien sans la population et les entreprises qui la font vivre, sans les organismes qui en forment les forces vives et les associations qui cimentent ce bassin de vie. Toute ambition politique doit être complètement étrangère à la notion de Pays. Pas de président, pas d'indemnités, pas de postes-clés qui met en valeur l'individu, ou la politique. C'est l'intérêt du Pays qui prime, celui du bien vivre de ses habitants, dans un territoire où la population est liée aussi bien géographiquement, que culturellement et socialement.
Du vin du Rangen pour Bernard Leurquin, sous le regard du sous-préfet Jean-Yves Le Merrer.
Jean-Michel CUENOT